Cette petite histoire pudique d’une jeune femme perdue qui croise la rudesse du marin parvient à atteindre certains moments d’authenticité touchants. Dommage que le film n’ait pas la profondeur de ceux des Dardenne. En hésitant entre la chronique sociale et sentimentale, malgré sa sensibilité, le film manque un peu de profondeur, d’élan. Ce couple improbable, qui évoque la réinsertion sentimentale, arrive à nous émouvoir, mais demeure englué dans sa facilité, à l’image des plans répétitifs de cette jeune femme à vélo, qui lutte contre l’existence. On a envie d’être emporté… Et, hélas, cela ne s’envole pas bien plus loin qu’un gentil téléfilm. A la fin, on a juste l’impression d’en être resté à l’histoire d’une fille vulgaire qui rencontre un abruti, dans une mise en scène impersonnelle, qui ne nous fait croiser ni la détresse, ni le monde de la pêche et à peine les personnages.