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Devoir de mémoire

By Benoît on February 5, 2012

Tantôt attribué à Valerii, tantôt à Leone tant sa présence sur le plateau était importante, Mon nom est Personne sonnerait presque comme le crépuscule du western spaghetti.
Ici, tout sent bon le second degré en permanence. Le film ne manque pas de situations d’humour et de décalage, presque en permanence, comme pour se moquer du genre. D’un côté, on a le vieux pistolero, un cow-boy dont la réputation n’est plus à faire. Il représente la vieille génération. Il représente aussi une autre Amérique. De l’autre côté, on a un jeune aventurier qui a grandi avec les histoire de ce héros. Il a toujours voulu être lui. Pourtant, ce personnage représente une toute autre génération, une Amérique en devenir.
Ce n’est pas anodin non plus d’avoir choisi une fin de siècle pour contextualiser le film. Il est évident que le choix d’un homme sur le déclin et d’un autre en devenir l’est aussi. Le film pose intelligemment les bases, avec son second degré, l’important devoir de mémoire et de transmission d’une connaissance. Et à la fin du XIXème siècle, c’est aussi une Amérique qui disparait pour en voir naitre une autre. Et les légendes de l’Ouest font désormais partie de l’histoire avec un grand H, celle qu’on lit dans les livres.
Comme expliqué plus haut beaucoup de décalage dans cette oeuvre de Valerii. Certes, les accélérés font franchement vieillots, mais l’humour qui se dégage de “Personne” est remarquable. D’ailleurs, c’est Terrence Hill qui est à féliciter tant il est parfait dans son rôle.
On regrettera peut-être l’une ou l’autre séquence plus bancales, mais on tient bel et bien un western spaghetti de haut niveau.