Le cinéma de Sarunas Bartas a toujours existé, depuis que le monde est monde.
Résister. Au temps, à la faim, à l’ennui, aux ennemis, à l’isolement, à l’épuisement. Ce qui nous opprime est immense, mais “ce qui nous reste” est au moins aussi grand. Survivre, c’est la question. et la caméra de Sarunas y répond de la seule façon digne : elle ne témoigne pas de la misère, ne la rend ni plus présentable ni plus dégoûtante ; elle sait que la misère, c’est le tout de l’homme, de tout homme, sa condition. Et si les images qu’elle capte sont du’ne pareille splendeur, c’est ce savoir sensible qui les rend telles.
Leos Carax