Cette farce n’en est pas une. La merditude des choses n’est pas une farce grossière, poilante, comme elle le laisserait penser. C’est un film social. Une plongée dans un océan de bière et de mauvais gout, où la bêtise et la violence font office d’éducation. Un film qui n’est jamais vraiment drôle, tant tout tourne au paroxysme, au poisseux, à l’éructation et à la désespérance. Un film sur l’héritage, sur la folie dont on hérite, la manière dont on s’en sort, ou pas. Un terrible constat sur la Flamandie profonde, entre amour et haine, juste sur le fil du couteau. Voilà qui donne envie de découvrir l’oeuvre de Dimitri Verhulst (l’auteur originel), car cette plongée descriptive, jusqu’à la nausée est très bien rendue par le réalisateur Felix Van Groeningen, qui nous plonge dans ce réel, aussi sordide soit-il, pour finir par en faire ressortir la désespérante magie, la force qu’il y a à s’en extraire… Puissant !