E AP
18Sep11
I had a very similar impression!
“When the authorities found past people they shone a light at them. That light projected images of them onto a screen… When those images appeared, the past people disappeared.” However specifically rooted Weerasethakul's lustrous elegy may be in Thailand's recent history, and also in his own filmography -- allusions to which abound -- Boonmee is, in the end, powerfully universal, in its heartbreak and as a haunting.
Exemplary. Reminds me of Gabriel Garcia Marquez's work, particularly One Hundred Years of Solitude.
or "Auntie Jen who can't recall a damn shit!" If you don't look at her you can't get the real point of this harsh and wonderful movie.
Mesmerizing exercise from Weerasethakul examining the border between the mundane existence of life and the acceptance of passing on into the other side. Strange, yet compelling and certainly a worthy winner of the 2010 palme d'or. The film seems to change throughout from supernatural trappings, to costume drama, to documentary style always keeping the viewer alert and enraptured. Incredible really.
It's like Dead Man with ghosts, monkeys and weird fish sex. Actually, scratch that. It's nothing like Dead Man.
I really thought I was going to like this a lot more than I did. Lovely cinematography and I'm all for Ghost Monkeys and spirits but this didn't do it for me.
What a gentle and emotional story. Confidently shot, yet delicate on the eyes. I love the quiet moments of the jungle and reflections of life and death (And beyond). I don't understand every corner of this film, nor will I ever, but I will let it sit with me. I recall the past generations. I recall the dying of cultures. I am saddened by what we have lost and what we could lose.
4 x 2 ou De rupture et d’indolence Parmi les nouvelles générations de cinéastes, peu ont réussi, en si peu de films, à imposer un style avec autant de persistance que l’a fait le Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul. Hormis ses courts métrages et ses films d’art projetés uniquement en musée, le cinéaste n’a réalisé que quatre films. Tous possèdent une singularité déconcertante, même s’ils sont liés les uns aux autres par de solides ramifications. Biographie / Apichatong Weerasethakul est né de parents médecins le 16 juillet 1970 à Khon Kaen, au nord est de la Thaïlande, une région boisée et relativement sauvage. Il va beaucoup au cinéma, et c’est en découvrant Voyage au bout de l’enfer de Michael Cimino qu’il décide d’en faire son métier. Il n’y a pas de fac de cinéma en Thaïlande, le jeune homme s’inscrit donc en architecture, à Bangkok. A sa demande, ses parents l’envoient étudier le cinéma dans une école de Chicago. Il y découvre notamment le cinéma expérimental qui l’influencera beaucoup. Retourné en Thaïlande à la fin des études, Weerasethakul a jusqu’à aujourd’hui réalisé seulement quatre longs métrages en presque dix ans (un cinquième devrait être tourné en fin d’année), ainsi que plusieurs courts métrages expérimentaux, destinés à des musées ou des films collectifs. Le cinéma d’Apichatpong Weerasethakul – qui, pour plus de facilité, se fait surnommer Joe – est un cinéma qui respire. A la fois, parce que l’auteur aime prendre son temps, tourne relativement peu, mais également parce que chacune de ses œuvres a sa respiration propre, totalement inédite dans le cinéma contemporain. On y parle souvent des mêmes choses, les thématiques sont récurrentes et le ton familier. Ainsi, l’œuvre de Weerasethakul est par exemple hantée par la présence de la maladie et de l’idée du virus, le cinéaste allant jusqu’à mettre en scène métaphoriquement ses parents, tous deux médecins, dans Syndromes & A Century. Chacun de ses films représente au moins une consultation chez un médecin. Ses personnages sont souvent malades, ou tout au moins dans un état second, entre éveil et endormissement. Plus généralement, « l’état second » semble être la clef de voûte permettant d’appréhender l’œuvre du cinéaste. Ses films entretiennent avec le spectateur un rapport particulier, notamment via une échelle de temporalité si particulière qui fait que le temps ne s’écoule pas en ces films comme ailleurs. Cette gestion du temps crée un fort degré d’intimité avec le spectateur, qui s’y abandonne totalement et regarde les films entre éveil et sommeil. L’indolence diffuse qui parcourt l’œuvre de Weerasethakul est liée à son pays d’origine. La Thaïlande est un pays chaud et humide, les paysages sont luxuriants, il pleut beaucoup, une pluie chaude, les gens sont d’une gentillesse et d’une douceur exquises. C’est un pays « ambient ». Weerasethakul parvient, par sa mise en scène, la durée de ses plans, la vitesse d’exécution de ses travellings, le déplacement dans l’espace de ses acteurs, à rendre compte de ce qu’est son pays, sensitivement, sensuellement. Cette indolence, ce sommeil éveillé, sont soudainement rompus par la construction du film puisque, à chaque fois, il est narrativement coupé en son milieu ou éclaté en blocs de récits apparemment disparates - en cela, on peut rapprocher le travail de Weerasethakul de celui de David Lynch, qui n’hésite pas à sectionner ses récits, notamment ceux de Lost Highway, Mulholland Drive ou Inland Empire - . Mysterious Object At Noon (2000), premier long métrage du Thaïlandais, est un cadavre exquis surréaliste (héritage revendiqué par le cinéaste). Oscillant entre documentaire et fiction (une frontière de plus en plus ténue dans le cinéma contemporain), le film montre une équipe de tournage qui va de la campagne (sans doute la région d’origine du cinéaste) jusqu’à Bangkok. Elle s’arrête pour filmer les gens qu’elle croise, leur demandant de poursuivre une histoire qui s’écrit au fur et à mesure des rencontres, celle d’un jeune handicapé et de son professeur. La narration évolue en fonction de la personne rencontrée, la forme est éclatée et improvisée, comme on dit d’un morceau de jazz. Blissfully Yours (2002, qui remporta un très gros succès critique à Cannes et qui est à nos yeux le plus beau film du cinéaste) est coupé en deux par un générique d’ouverture qui arrive au bout de 45 minutes. Alors que le spectateur s’est déjà totalement abandonné au film (narrant les diverses consultations chez le médecin d’un jeune birman sans papiers, et l’attention avec laquelle sa compagne thaïlandaise, Roong, le prend en charge), et que les protagonistes sont en voiture, sur l’une des innombrables lignes droites du pays, le générique tombe comme un couperet, accompagné d’une musique de variété, opérant une totale rupture de rythme. Le film semble déchiré en son milieu, comme s’il recommençait. Alors, le couple d’amoureux part se promener dans la jungle pour pique-niquer, le temps se suspend littéralement, laissant place à une totale extase des sens. Ce mélange d’excitation sensuelle et d’indolence annihile la peur du virus et de la maladie présente dans la première partie. Par la durée des plans, et la temporalité si propre au cinéaste, par la proximité d’avec ses sujets, et le naturalisme parcimonieusement distillé, Weerasethakul parvient à filmer « un orgasme comme un paysage », selon la belle expression du critique Philippe Azoury. En 2004, Joe pousse le concept de la rupture à son paroxysme avec Tropical Malady, son plus gros succès en France à l’heure actuelle. Le film raconte l’histoire d’amour de Keng, soldat, et Tong, un jeune homme de campagne. Leur vie est douce et agréable. Au beau milieu, Tong disparaît. Puis le film s’arrête, un générique défile et c’est un nouveau film qui commence. En pleine jungle. L’un et l’autre se cherchent, se chassent presque. Sans se trouver. L’un se transforme en tigre la nuit, l’autre en singe le jour. Basée sur la légende d’un shaman khmer, cette seconde partie est un rêve éveillé où les sens du spectateur sont activés avec une telle force qu’il ne distingue plus le réel du fantasmé. Aucune règle cinématographique n’a plus cours, le passé, le présent et le futur se mêlant entre vérité et mythologie, entre peur de la mort et excitation du désir. En 2007, avec Syndromes & A Century – un titre qui nous parle encore de la maladie, et son rapport au Temps, à l’Histoire – il accentue le principe de la section centrale en y adjoignant celui de la répétition. Avec d’infimes mais importantes variations, c’est la même histoire qui nous est racontée deux fois, celle de la rencontre de ses parents, médecins. Sauf que le premier récit se déroule en pleine campagne, et le second à Bangkok. Est-ce que les deux parties se déroulent à la même époque ? Il est difficile de répondre à cette question. Certains détails laissent supposer un décalage temporel mais il n’est jamais stipulé clairement. Ce qui est certain en revanche, c’est que le titre original, Sang Sattawat, signifie « Lumière du Siècle ». Les deux parties du film sont, cinématographiquement, traitées très distinctement. La première est pleine de pureté, d’innocence, d’indolence (encore elle). Elle ressemble au cinéma primitif, celui des frères Lumière (est-ce de ces Lumière-là dont parle le titre ?). La caméra est posée et enregistre avec une vérité et un naturalisme confondant. La deuxième partie filme les mêmes choses mais en ayant introduit un virus dans la pellicule. Le temps semble avoir passé, la ville s’être construite. Les plans de campagne, de végétation luxuriante font place à des vues de ville, de couloirs, de sous-sols, où la fumée étouffe le cadre. La mise en scène même de Weerasethakul en semble affectée. De primitive, elle devient post-moderne, citant les grands cinéastes du genre, de Marguerite Duras à Gus Van Sant en passant par Chantal Akerman. La nette coupure qui tranche ce film en deux fait basculer Syndromes & A Century des origines du cinéma à sa forme d’expression la plus moderne. En un seul geste, concis mais ample, un simple effet de montage, une rencontre de deux bouts de pellicules, deux blocs de temps qui se percutent, Apichatpong Weerasethakul embrasse tout un siècle de cinéma. Il est au commencement et à l’achèvement. Aujourd’hui, il prépare un nouveau film, dont le tournage devrait avoir lieu cet hiver en Thaïlande, Primitive (comme par hasard). Projet tricéphale (le film, un court métrage nommé Phantoms Of Nabua(1) et une exposition), Primitive s’annonce comme une œuvre d’envergure. Le film se déroule à Nabua, ville frontière entre la Thaïlande et le Laos, sujette à de nombreux et sanglants affrontements suite aux migrations raciales. Weerasethakul s’inspire d’une vieille légende de la ville disant qu’une veuve fantôme enlevait les hommes qui osaient pénétrer sur son territoire, en la mêlant aux faits réels qui secouent la région. On y verra la ville de Nabua débarrassée du spectre de la veuve, et habitée uniquement par des descendants des victimes du conflit. On y suivra des adolescents entreprendre un voyage aux lisières du rêve. On y parlera sans doute de frontières et de ruptures. On y filmera le rêve comme monde visible, et le réel comme territoire de fantasmes.
How did they get around the text limit? I want to be able to do that!
Stubbornly difficult film. Yes, and also divisive. And also - a) cerebral, b) inaccessible, c) resistant to explanation, and many other adjectives to describe this slow cinema. PURE CINEMA, there's no doubt. Pity that I can't recommend the film to my friends because they might hate me for promoting such slow piece of cinema. But the upside: it will still earn many best of the year's lists, including mine.
Just finished my second viewing and I appreciated it much more (and for different reasons). I really liked the film on initial viewing, but it wasn't until I re-visited Weerasethakuls' previous films (almost chronologically) and saw all the little aspects, philosophies, characters and cinematic techniques lead up to this film. "Uncle b" being "joes" best film can be argued, but it is certainly his most complete.
A beautiful, terrifying, and profoundly moving film. Weerasethakul expands on his 2009 short, A Letter to Uncle Boonmee, and creates a hugely textural, beautifully realized film. The cinematography is breathtaking, but the concepts and the way Weerasethakul handles and explains them are nothing short of extraordinar
an intriguing ghost movie full of surprises with an optimistic approach towards human existence. also reminds you cinema's potential to enliven your mind and soul.
Endearing and thought-provoking film with touches of Mallick and Tarkovsky. My full review is available at http://moviessansfrontiers.blogspot.com/2011/05/114-thai-director-apichatpong.html I am not a blind admirer of all the movies made by this Thai director but this one is definitely worth watching, at least for me.
Finally playing in Texas. It feels like the Cannes premiere was five million years ago...
is a whim,a mere change of clothes. How do myths survive when this circular time collapses and the scenery that produced that organicity changes, when a nation falls into history and into a temporal linearity that leaves little space for ideas like karma and communion with nature. It is still debatable if the modern restrictions on what "is" and what "is not" did any good. And the loved ones as agents of death, wow.
There is no such thing as a closed moment.Every moment is a corridor, an asterisk with a thousand arms, point of convergence with possibilities disposed radially, like arrows springing from a trap. As in film, death is not possible, as any imprinted image can be called back into reality anytime. Time is a spiral turning onto itself, a loop, everything is contemporaneous. In the monumental serenity of nature,history..
The still up there doesn't look like the film at all. Too much contrast and deep black. One of the remarkable things about this movie is that it uses only available lighting, giving it a dreamy, hazy, seemingly ultra-textured look. Feels illusory and layered, particularly when images fade in or out... Full of fun nods and references, making this feel like an ephemeral ghost story about cinema itself.