C’est l’histoire d’un pauvre type paumé, chômeur, marié à une femme aimant autant les animaux que son mari. Quand il postule pour la société de Lester, l’homme comprend qu’il doit changer de vie. Attiré par une collègue de travail, cette dernière repousse constamment ses avances. Jusqu’au jour où il découvre une porte menant tout droit dans la tête de John Malkovich. Derrière ce scénario du décidément très barré Charlie Kaufman se cache avant tout des gens possédant en eux un certain malaise, ne profitant pas de la vie car celle-ci ne lui a jamais offert de cadeaux ou du moins ne se sont pas battus pour en obtenir. L’évasion à travers le cerveau de l’acteur leur permet un tant soi peu de donner un sens, sinon nouveau, actuel à leur vie. Leur redonne la joie de vivre. L’oeuvre pose aussi question de la sorte de la personnalité des acteurs, de leur implication dans les rôles qu’ils jouent dans leurs films. Hormis un scénario comportant parfois quelques légers blancs ou invraisemblances (notamment lorsque Schwartz se retrouve dans l’esprit de la fillette, est-ce toujours pas cette même porte?), Jonze bénéficie d’un casting incroyable pour un premier film (mais le cinéaste trainait déjà une réputation avant de se lancer au cinéma), d’un Carter Burwell dans une grande forme et d’une mise en scène correspondant parfaitement au script. Une franche réussite.