This was shot on a GLR1, right? Looks gorgeous, those stills don’t do it justice.
Really impressive, man. Really, really good job.
Canon GL1,. exactly
I wish I spoke French. Maybe I’ll get T to translate it.
merde… I only just read this through. I’ll translate it later today. It’s good, very good.
Colin Ludvic Racicot
I’d like to share with you my newest creation, Metropolitain.
Here is the link :
http://www.youtube.com/watch?v=TjxfTimfzRk
I posted some pics a month ago in the Cinematography topic on GARAGE.
I’d like to have some feedback about the film.
For those who speak french :
« Mes dialogues se situent dans les formes qui se côtoient. »
Les formes et les figures sont les sujets même de mes oeuvres. Elles sont mises en relations afin de transmettre les émotions du personnage et celle d’une mise en scène sensorielle. Le dialogue ne réside pas nécessairement dans la voix. Une douce musique survole au rythme de l’image, représentative d’émotions captées par le médium du cinéma, comme le vent soufflant dans les voiles d’un navire sur la douce mer.
Je retourne à la base même du cinéma dans Métropolitain. J’ai fais totalement abstraction de l’outil linguistique afin de raconter une histoire en images. Le public est assez mature pour s’abstenir d’une voix dictant les faits et les gestes du film. Mes personnages n’ont souvent pas besoin de parler pour se faire comprendre. Là apparaît le drame de l’incommunicabilité dans mes films, où l’homme doit se confronter à lui-même afin de guérir les maux qui l’affligent. Je vois donc une certaine introspection dans ce procédé qui tente désespérément de rendre universel les émotions humaines. Le désespoir et l’espoir se confrontent d’ailleurs dans Métropolitain – à travers une mise en scène presque enfantine et naïve. C’est évidemment en corrélation avec la personnalité du protagoniste qu’une telle mise en scène fut imposée.
Comme disait Robert Bresson, lorsqu’un seul violon suffit, il ne faut pas en mettre deux. Hasard ou non, les violons et la musicalité prennent place dans Métropolitain, afin de guider le personnage principal à travers sa passion musicale. Cette passion se caractérise par une grandiose sensibilité chez le protagoniste. Celui-ci se laisse guider par les clefs musicales à travers le film, qu’elles soient externes ou non à l’action. Cette étude méticuleuse des trames diégétiques a permis une fluidité dans la quête du protagoniste, qui cherche désespérément à se rendre au concert. À noter que le personnage principal n’émet absolument aucun son tout au long du film, puisque trop captivé par les sources sonores externes qui l’assaillent. Le personnage se fait violer par la claustrophobie et les sous-terrains ténébreux. Il suit naïvement les pistes qu’on lui propose, pour ensuite se faire prendre dans une série de pièges imprévisible. Cette simplicité d’esprit chez le personnage est caractéristique d’une construction psychologique visant à infantiliser les actes de celui-ci.
Notre personnage ne porte pas de nom, comme dans la plupart de mes films. Je cherche à rendre le personnage universel, sensible au monde qui l’entoure et non-identifiable, dans la mesure où le public peut s’attacher à celui-ci afin de vivre une expérience similaire. Cette marque post-moderne de l’identité perdue n’a d’autre fonction que l’approchement éthique entre le protagoniste et le spectateur averti.
Je tiens à corriger tout de suite tous les critiques et étudiants en cinéma un peu trop politisé et prétentieusement marginaux, qui chercheront un thème ou un sujet tabou dans mon oeuvre. Qu’ils arrêtent maintenant, vous n’y trouverez rien. Je n’ai pas besoin de créer un personnage nécrophile, homosexuel, drogué, célibataire, dépressif, afin d’attirer l’attention et l’intérêt du public. Je trouve une sincérité et une honnêteté dans mes images et dans mes propres thèmes. Je suis un cosmonaute du cinéma, à la recherche de beauté dans notre monde, dans l’univers.
Je tiens à corriger tout de suite tous les détenteurs d’un appareil photo reflex numérique qui ne savent pas comment utiliser leurs appareils, mais qui s’acharnent constamment sur mon habitude à contraster agressivement et violemment mes compositions à chromances variées.
Justement, l’image doit rester mystérieuse, intrigante et nostalgique. Aussi floues que mes souvenirs, mes images portent une réflexion sur la deuxième face des choses et des figures. C’est dans l’obscurité que la clarté se fait entendre, se fait voir dans toute sa lueur et sa splendeur. La technique du clair-obscur est vieille d’un centaine d’années et je m’y suis attaché dès mon tout jeune âge, avec l’espoir de pouvoir maîtriser un jour ce procédé stylistique qui tente de réconcilier le passé et le futur, le sombre et l’illumination, le vice et la sainteté de l’Homme.
En sommes, le cinéma a une portée philosophique magistrale, qui permet de rendre compte d’une réalité particulière, afin de l’analyser et d’en retirer une éthique humaine et universelle. Métropolitain est d’une simplicité aberrante à la limite, mais c’est dans cette simplicité que l’on retrouve l’honnêteté de ma réalisation et la force d’un cinéma capable de s’exprimer intérieurement. La trame narrative cherche à pousser les limites d’un cinéma qui se redéfinit constamment. D’ailleurs, n’est-ce pas cela la fonction de l’Art à travers les époques ? Se renouveler ? Notre personnage trouve espoir à la fin du film, montrant donc que même dans un endroit obscur, angoissant et violent, l’illumination est possible. Avec le Cinéma, tout est possible.